Guide national · Maison & appartement

Rénovation d'Ampleur Maison/Appartement · guide complet 2026

Isolation, chauffage décarboné, ventilation et menuiseries traités en un seul projet, avec un gain d'au moins 2 classes au DPE, un accompagnateur agréé et un chiffrage précis des aides. Cette page est la référence nationale du silo ; les pages régionales en déclinent les conséquences locales.

Estimer mes aidesMise à jour :
Les gestes

Les travaux mobilisables dans un scénario d'ampleur

Synthèse

L'essentiel en huit points

Un projet global, pas une addition de gestes

Le Parcours accompagné subventionne un scénario complet validé par un audit, non une succession d'équipements posés indépendamment les uns des autres.

Un gain minimal de 2 classes

L'écart entre l'étiquette de départ et l'étiquette projetée est la condition centrale. Il est vérifié à l'arrivée, avant le versement du solde.

Réservé aux étiquettes E, F et G

Depuis 2026, un logement classé A à D ne relève plus du Parcours accompagné mais du parcours par geste.

Quinze ans d'ancienneté (deux ans si chauffage au fioul)

Le logement doit être achevé depuis au moins quinze ans, l'ancienneté étant appréciée à la date de la décision d'octroi. Par exception, cette ancienneté est ramenée à deux ans lorsque le projet porte sur le remplacement d'une chaudière au fioul : un logement achevé depuis plus de deux ans et chauffé au fioul est alors éligible au Parcours accompagné.

Deux gestes d'isolation obligatoires

Murs, toiture, planchers bas ou menuiseries : le scénario en comporte au moins deux, quel que soit le système de chauffage retenu.

Sortie obligatoire du fioul et du charbon

Aucun chauffage majoritairement fossile ne peut être installé, et un chauffage fioul ou charbon existant doit être remplacé dans le scénario.

Le taux dépend du revenu fiscal

De 10 % à 80 % de l'assiette plafonnée selon la catégorie Bleu, Jaune, Violet ou Rose.

Jusqu'à 100 % de prise en charge pour la catégorie Bleu

L'écrêtement plafonne le cumul des aides publiques à 100 % de la dépense TTC pour un ménage très modeste, 90 % en Jaune, 80 % en Violet et 50 % en Rose. En Bleu, le reste à charge peut donc être nul ; dans les autres catégories, un reste à charge minimal subsiste.
Financement

Jusqu'à 100 % de prise en charge : comment on y arrive réellement

L'expression « jusqu'à 100 % de prise en charge » circule beaucoup et mérite d'être expliquée sans raccourci. Elle décrit une situation réelle mais bornée : celle d'un ménage de la catégorie Bleu, c'est-à-dire aux revenus très modestes, dont le cumul d'aides publiques atteint le plafond légal de couverture. Ce plafond porte un nom technique : l'écrêtement. Il ne dit pas combien d'aides vous obtenez, il dit jusqu'où le total des aides publiques peut monter par rapport à la dépense réellement engagée.

Le barème 2026 fixe quatre niveaux, exprimés en pourcentage de la dépense toutes taxes comprises : 100 % pour la catégorie Bleu, 90 % pour la catégorie Jaune, 80 % pour la catégorie Violet et 50 % pour la catégorie Rose. La conséquence arithmétique est directe. En Bleu, l'écrêtement étant de 100 %, rien n'interdit que le cumul couvre la totalité de la dépense : le reste à charge peut être nul. En Jaune, il subsiste au minimum 10 % de la dépense TTC à la charge du ménage ; en Violet, 20 % ; en Rose, 50 %. Ces planchers sont des minima réglementaires, pas des estimations commerciales.

Il faut immédiatement corriger une idée fausse fréquemment rencontrée, y compris dans des contenus de professionnels : affirmer que « le reste à charge n'est jamais nul » est inexact pour la catégorie Bleu. Ce qui est exact, c'est que le zéro reste à charge n'est ni automatique, ni un droit, ni la situation la plus fréquente. Il suppose la réunion simultanée de plusieurs conditions : appartenir à la catégorie Bleu, présenter un projet dont le coût reste contenu dans les plafonds de travaux subventionnables, et mobiliser en plus de MaPrimeRénov' d'autres aides cumulables. Dès que le coût du chantier dépasse l'assiette plafonnée, la part excédentaire reste intégralement à la charge du ménage, quelle que soit sa catégorie.

Deux plafonds à ne pas confondre

Le premier est le plafond de travaux subventionnables : 30 000 € HT pour un gain de deux classes, 40 000 € HT dès trois classes. Il borne l'assiette sur laquelle le taux MaPrimeRénov' s'applique. Le second est l'écrêtement, qui borne le cumul de toutes les aides publiques rapporté à la dépense TTC. Un projet peut être limité par l'un, par l'autre, ou par les deux.

L'ordre de calcul

On calcule d'abord l'assiette retenue, plafond compris. On applique ensuite le taux de la catégorie de revenus, majoré le cas échéant du bonus sortie de passoire. On additionne alors les autres aides publiques mobilisées. On vérifie enfin que le total ne dépasse pas le taux d'écrêtement ; s'il le dépasse, la dernière aide versée est réduite d'autant.

Les aides qui se cumulent réellement avec le Parcours accompagné

Atteindre le haut de la fourchette suppose d'empiler plusieurs dispositifs, chacun avec sa propre instruction et son propre calendrier. Les aides locales constituent le premier gisement, et le plus inégal : régions, départements, intercommunalités et communes votent leurs propres enveloppes, parfois forfaitaires, parfois proportionnelles au reste à charge après MaPrimeRénov'. Leur montant, leurs conditions d'ancienneté et leurs plafonds de ressources varient d'un territoire à l'autre et sont réexaminés chaque année ; ils doivent être vérifiés auprès de l'Espace conseil France Rénov' du territoire concerné avant tout engagement, et jamais présumés.

Action Logement intervient auprès des salariés du secteur privé et, selon les périodes, sous forme de subvention et de prêt à taux réduit. Le dispositif est contingenté : son ouverture, ses montants et ses critères dépendent des enveloppes disponibles, ce qui impose de vérifier l'état du dispositif au moment du dépôt plutôt que de le compter d'avance dans un plan de financement.

Les caisses de retraite — régime général, régimes complémentaires, MSA — financent des travaux d'amélioration de l'habitat pour leurs ressortissants retraités, sur critères sociaux et après évaluation à domicile. Les montants sont modestes au regard d'une rénovation d'ampleur, mais ils s'imputent précisément là où ils comptent : sur le reste à charge résiduel.

L'éco-prêt à taux zéro ne réduit pas le coût du chantier : il en étale le paiement, jusqu'à 50 000 € sans intérêts pour une rénovation globale. Il n'entre donc pas dans le calcul de l'écrêtement, puisqu'il s'agit d'un prêt et non d'une subvention. C'est l'outil qui transforme un reste à charge supportable en mensualité, et il se cumule sans difficulté avec le Parcours accompagné.

La TVA à 5,5 % agit en amont de tout le reste. Elle ne se cumule pas au sens strict : elle réduit la dépense TTC elle-même, donc l'assiette sur laquelle l'écrêtement se calcule. Elle s'applique de plein droit aux travaux d'amélioration de la performance énergétique dans un logement achevé depuis plus de deux ans, sous réserve de la fourniture et de la pose par une même entreprise.

Une exception structurante doit être rappelée : en Parcours accompagné, l'Anah détient un droit d'exclusivité sur les certificats d'économies d'énergie du projet. Les CEE sont intégrés au calcul de la prime et ne peuvent pas être perçus séparément auprès d'un obligé. Toute présentation additionnant une prime CEE « en plus » de MaPrimeRénov' Parcours accompagné est erronée.

L'éco-PTZ : le levier qui rend le reste à charge payable

L'éco-prêt à taux zéro, communément désigné par son acronyme éco-PTZ, est le seul dispositif de la rénovation d'ampleur qui ne soit pas une subvention. Il ne diminue pas le coût du chantier d'un euro : il en déplace la charge dans le temps, sans intérêts et sans frais de dossier, les intérêts étant pris en charge par l'État sous forme de crédit d'impôt versé à la banque. C'est précisément pour cette raison que l'éco-PTZ n'entre jamais dans le calcul de l'écrêtement décrit plus haut : l'écrêtement borne le cumul des aides rapporté à la dépense, or un prêt remboursable n'est pas une aide au sens du plafond réglementaire. Un ménage écrêté à 50 % peut donc financer la totalité du solde restant par l'éco-PTZ, ce qui ramène l'effort réel à une mensualité et non à un apport.

Le montant empruntable dépend de la nature de l'opération. Un geste unique ouvre droit à un plafond limité ; un bouquet de travaux relève un cran au-dessus ; la rénovation globale — celle du Parcours accompagné, avec son gain minimal de 2 classes — est le seul cas qui ouvre le plafond maximal de 50 000 €. Attention à une exception souvent ignorée : lorsque l'action unique porte uniquement sur le remplacement de parois vitrées (fenêtres, portes-fenêtres), le plafond n'est pas de 15 000 € mais de 7 000 €. Un régime distinct existe par ailleurs pour la réhabilitation d'un système d'assainissement non collectif ne consommant pas d'énergie. Les durées ne sont pas uniformes non plus : quinze ans dans tous les cas, vingt ans pour la seule performance énergétique globale, c'est-à-dire précisément la rénovation d'ampleur. C'est là le point décisif : l'allongement de la durée, plus encore que l'absence d'intérêts, rend la mensualité comparable à l'économie d'énergie mensuelle attendue. Les offres de prêt peuvent être émises jusqu'au 31 décembre 2027.

Plafonds et durées de l'éco-PTZ selon la nature de l'opération
Nature de l'opérationPlafond éco-PTZDurée maximale
Parois vitrées seules (fenêtres, portes-fenêtres)7 000 €15 ans
Action unique autre que parois vitrées15 000 €15 ans
Bouquet de deux actions25 000 €15 ans
Bouquet de trois actions ou plus30 000 €15 ans
Rénovation globale — Parcours accompagné (appellation réglementaire : « performance énergétique globale »)50 000 €20 ans
Assainissement non collectif10 000 €15 ans

Trois conditions d'accès méritent d'être connues avant de bâtir un plan de financement. Le logement doit être achevé depuis plus de deux ans et occupé à titre de résidence principale, y compris lorsqu'il est mis en location. Les travaux doivent être réalisés par des entreprises titulaires de la qualification RGE correspondant à chaque lot. Enfin, l'éco-PTZ n'est soumis à aucune condition de ressources : c'est le seul étage du montage financier accessible identiquement aux quatre catégories Bleu, Jaune, Violet et Rose. Un ménage de la catégorie Rose, écrêté à 50 % et donc porteur d'un plancher de reste à charge de 50 %, y trouve proportionnellement plus d'intérêt qu'un ménage Bleu dont le reste à charge peut déjà être nul.

Deux illustrations chiffrées rendent le mécanisme concret, sur une même rénovation globale de 45 000 € TTC visant un gain de 2 classes. Ménage Bleu : le cumul d'aides publiques peut atteindre 100 % de la dépense, soit un reste à charge susceptible d'être nul ; l'éco-PTZ n'a alors qu'un rôle de trésorerie, utile pour régler les entreprises avant le versement du solde de la prime, qui intervient après réception des travaux. Ménage Jaune : le plancher de 10 % laisse un solde d'environ 4 500 € à financer ; couvert intégralement par un éco-PTZ sur vingt ans, il se traduit par une mensualité de l'ordre de 19 € par mois, à comparer à l'économie de chauffage attendue d'une sortie de passoire thermique. C'est cette comparaison — mensualité contre économie — qui décide de la faisabilité réelle d'un projet, bien davantage que le montant brut des aides annoncées.

Deux précautions pour finir. L'éco-PTZ se demande auprès d'un établissement bancaire ayant signé la convention avec l'État, et le dossier doit être déposé avant le démarrage des travaux : une demande postérieure à la première facture est irrecevable. Par ailleurs, un éco-PTZ complémentaire peut être sollicité pour de nouveaux travaux : les cinq ans ne sont pas la durée de remboursement de ce second prêt, mais le délai pendant lequel il peut être demandé, à compter de l'émission de l'offre du premier éco-PTZ. Le cumul des deux prêts ne peut en tout état de cause dépasser 50 000 € pour un même logement. Cette faculté est précieuse lorsqu'une rénovation est conduite en deux phases.

Dispositif complémentaire

Ma Prime Logement Décent : le second régime, à ne pas confondre

Ma Prime Logement Décent est un dispositif distinct du Parcours accompagné. Il ne s'adresse pas à la performance énergétique en tant que telle mais à l'indécence et à l'insalubrité du logement : installation électrique dangereuse, absence d'installation sanitaire conforme, humidité structurelle, défauts de sécurité, logement dégradé au sens du règlement sanitaire. Le déclencheur est un constat technique d'indécence ou de dégradation, établi lors d'une visite, et non un simple écart d'étiquette au DPE.

Le régime de financement est nettement plus favorable que celui du parcours par geste. La subvention atteint 90 % du montant HT des travaux pour un ménage aux ressources très modestes et 70 % pour un ménage aux ressources modestes, dans la limite d'un plafond de travaux subventionnables. Lorsque le logement est également une passoire énergétique, une bonification passoire peut s'ajouter dès lors que le programme de travaux fait sortir le logement des étiquettes F ou G : le volet énergétique est alors traité dans le même dossier que le volet décence, ce qui évite au ménage de monter deux dossiers concurrents.

La distinction pratique est simple à retenir. Un logement qui présente un désordre de sécurité, de salubrité ou d'équipement relève de Ma Prime Logement Décent ; un logement sain mais énergivore relève du Parcours accompagné. Un logement à la fois dégradé et énergivore relève du premier, avec bonification pour le second volet. Le choix du bon régime se fait lors de la visite technique : se tromper de guichet coûte plusieurs mois d'instruction. Les taux, plafonds et conditions doivent être confirmés au dépôt auprès de l'Anah ou de l'Espace conseil France Rénov', ces paramètres étant révisés chaque année.

Calendrier réglementaire

Décence énergétique : le calendrier d'interdiction de location

La loi Climat et Résilience a introduit un critère de performance énergétique dans la définition du logement décent. Un logement dont la consommation dépasse le seuil fixé pour l'année considérée ne peut plus être proposé à la location en tant que résidence principale, pour les nouveaux contrats et lors des renouvellements et reconductions tacites.

  • 1ᵉʳ janvier 2025

    Les logements classés G ne sont plus décents : leur mise en location est interdite en France métropolitaine.

  • 1ᵉʳ janvier 2028

    L'interdiction s'étend aux logements classés F.

  • 1ᵉʳ janvier 2034

    L'interdiction s'étend aux logements classés E.

Le calendrier connaît des exceptions et des aménagements qu'il serait imprudent d'ignorer. Les contraintes architecturales et patrimoniales en font partie : lorsqu'un logement est situé dans un secteur protégé, ou lorsque les travaux nécessaires porteraient atteinte à l'aspect extérieur d'un immeuble protégé, l'isolation par l'extérieur peut être refusée par l'autorité compétente. Les contraintes techniques comptent également : certaines configurations rendent les travaux disproportionnés ou matériellement impossibles. Enfin, en copropriété, un propriétaire qui a voté en faveur des travaux mais dont l'assemblée générale les a refusés ne maîtrise pas la décision ; ce cas fait l'objet d'un traitement spécifique. Chacune de ces situations exige une justification documentée : refus écrit de l'autorité, avis technique motivé ou procès-verbal d'assemblée générale.

Ce calendrier explique une part importante des demandes de rénovation d'ampleur déposées par des propriétaires bailleurs. Anticiper le passage sous le seuil, plutôt que d'attendre l'échéance, évite de perdre plusieurs mois de loyer et permet d'étaler les travaux sur une période où les entreprises sont disponibles.

Retour sur investissement

Ce que rapporte un saut de classe : facture et valeur du bien

Un saut de classe au DPE traduit une réduction de la consommation conventionnelle d'énergie primaire du logement. Les seuils d'étiquette étant définis par des bornes de consommation et d'émissions, passer d'une lettre à la suivante correspond à une baisse substantielle de la consommation modélisée : mécaniquement, plus le point de départ est mauvais, plus le gain absolu est important. Un passage de G à D sur une maison mal isolée déplace davantage de kilowattheures qu'un passage de D à B sur un logement déjà correct.

Deux précautions s'imposent pour lire ces gains honnêtement. D'abord, le DPE est un calcul conventionnel : il suppose un scénario d'occupation et de températures standard, alors que la facture réelle dépend du nombre d'occupants, des habitudes de chauffage et du prix de l'énergie au moment considéré. Ensuite, l'effet rebond est documenté : une partie du gain théorique est consommée sous forme de confort supplémentaire, un logement enfin chauffable étant effectivement chauffé plus longtemps et plus uniformément. La bonne formulation est donc celle d'un gain de consommation conventionnelle, à convertir en euros à partir de la facture réelle du logement et non d'une moyenne nationale.

Le second effet est patrimonial. Les études de valeur verte publiées par les Notaires de France mesurent, à partir des bases de données de transactions, l'écart de prix observé entre des biens comparables de classes énergétiques différentes. Elles montrent de façon constante une décote des étiquettes F et G par rapport à la classe D de référence, et une surcote des classes A et B, avec des amplitudes qui varient fortement selon les régions et selon le type de bien : l'écart est nettement plus marqué sur les maisons individuelles en zone détendue que sur les appartements en zone tendue, où la localisation domine tous les autres critères.

Il faut donc se garder d'annoncer un pourcentage unique de valorisation. Ce qui est établi, c'est le sens de l'effet et sa persistance d'une édition à l'autre de l'étude ; ce qui ne l'est pas, c'est un taux applicable à tous les biens. L'ordre de grandeur pertinent pour un projet donné se lit dans l'édition la plus récente de l'étude, pour la région et la typologie concernées. À cet effet de prix s'ajoute un effet de liquidité rarement chiffré mais souvent décisif : un bien sorti des étiquettes F et G reste louable, et se vend plus vite.

Cadre

Ce que recouvre précisément une rénovation d'ampleur

La rénovation d'ampleur, portée par le dispositif MaPrimeRénov' Parcours accompagné, se distingue du parcours par geste par sa logique de résultat. Là où le parcours par geste finance un équipement identifié — une pompe à chaleur, un chauffe-eau thermodynamique, une isolation de combles — le Parcours accompagné subventionne un scénario dont la performance finale est contractualisée. L'unité de mesure n'est plus le matériel posé mais l'écart d'étiquette obtenu entre l'état initial du logement et son état après travaux.

Cette bascule change la méthode de bout en bout. Le point de départ n'est pas un devis d'entreprise mais un audit énergétique réalisé dans le cadre de l'accompagnement : relevé de l'enveloppe, des systèmes, des ponts thermiques et de la ventilation, puis modélisation d'au moins deux scénarios chiffrés. Chaque scénario indique le gain de classes attendu, le coût prévisionnel par lot et l'ordre logique d'exécution. C'est ce document qui devient la référence du dossier : les devis d'entreprises doivent s'y conformer, et toute modification en cours de chantier doit être arbitrée avant exécution.

Trois exigences structurent le scénario. La première est la présence d'au moins deux gestes d'isolation, ce qui interdit de faire reposer tout le gain sur le seul remplacement du générateur de chaleur. La deuxième est le traitement de la ventilation : dès lors qu'on rend une enveloppe étanche, le renouvellement d'air doit être organisé mécaniquement, faute de quoi l'humidité intérieure dégrade le bâti et la qualité de l'air en une seule saison de chauffe. La troisième est la sortie des énergies fossiles : aucun chauffage majoritairement fossile ne peut être installé, et un chauffage au fioul ou au charbon existant doit impérativement être remplacé.

Le dispositif s'adresse indifféremment aux maisons individuelles et aux appartements, avec des périmètres de travaux naturellement différents. En maison, le propriétaire décide seul de l'intégralité du programme. En appartement, seul le lot privatif relève de sa décision ; ce que cela implique concrètement fait l'objet d'une section dédiée plus bas. Il s'adresse aussi bien aux propriétaires occupants qu'aux propriétaires bailleurs, ces derniers prenant des engagements de location spécifiques.

Conditions

Êtes-vous éligible en 2026 ?

Conditions communes à tous les demandeurs

  • Logement classé E, F ou G au diagnostic de performance énergétique : depuis 2026, le Parcours accompagné est réservé à ces trois étiquettes. Un logement déjà classé A à D relève du parcours par geste.
  • Logement achevé depuis au moins 15 ans en France métropolitaine, l'ancienneté étant appréciée à la date de notification de la décision d'octroi de la prime.
  • Gain d'au moins 2 classes énergétiques entre l'étiquette de départ et l'étiquette projetée, les travaux pouvant être échelonnés en deux étapes sur cinq ans au maximum.
  • Audit énergétique préalable réalisé dans le cadre de l'accompagnement : il fixe la classe de départ et propose au moins deux scénarios chiffrés.
  • Mon Accompagnateur Rénov' agréé, obligatoire pour tout dossier, saisi après un rendez-vous avec un conseiller France Rénov'.
  • Au moins deux gestes d'isolation dans le scénario retenu, parmi murs, toiture, planchers bas et menuiseries extérieures.
  • Interdiction d'installer un chauffage majoritairement fossile, et interdiction de conserver un chauffage au fioul ou au charbon : lorsque le logement en est équipé, son remplacement par un système décarboné fait partie intégrante du scénario.
  • Entreprises RGE pour l'ensemble des travaux subventionnés, et devis signés après le dépôt du dossier.

Propriétaire occupant

  • Le logement est la résidence principale : occupation au moins huit mois par an.
  • Engagement d'occupation à fournir dans l'année qui suit le versement du solde.
  • Obligation de résider dans le logement pendant trois ans après le versement de l'aide.

Propriétaire bailleur

  • Engagement de louer le logement en résidence principale pendant au moins six ans, dans un délai d'un an après le paiement du solde.
  • Remboursement d'un sixième de l'aide perçue par année de location manquante en cas de rupture de l'engagement.
  • Trois logements loués aidés au maximum par bailleur.
Typologie 1

Le cas de la maison individuelle

En maison individuelle, le propriétaire maîtrise l'intégralité de l'enveloppe et des systèmes : murs, toiture, planchers bas, menuiseries, ventilation, chauffage et eau chaude sanitaire relèvent tous de sa décision. C'est la configuration où le Parcours accompagné donne les résultats les plus nets, parce que rien n'empêche de traiter l'enveloppe avant le générateur — l'ordre qui conditionne la performance réelle.

La hiérarchie technique est presque toujours la même. On traite d'abord les déperditions par la toiture, poste le plus rentable au mètre carré isolé. On traite ensuite les murs, par l'extérieur lorsque la façade et le règlement d'urbanisme le permettent, ce qui supprime les ponts thermiques sans réduire la surface habitable, ou par l'intérieur dans le cas contraire. Viennent les planchers bas sur cave, vide sanitaire ou passage ouvert, dont l'impact sur le confort au sol est immédiat. Les menuiseries interviennent en général après, sauf lorsque le simple vitrage rend le confort inacceptable dès l'origine.

Le remplacement du générateur n'a de sens qu'une fois cette trajectoire établie, car c'est la déperdition résiduelle qui détermine la puissance à installer. Poser une pompe à chaleur dimensionnée sur les besoins d'une maison non isolée conduit à une machine surpuissante, qui fonctionne par cycles courts, consomme davantage et vieillit plus vite. À l'inverse, une machine dimensionnée sur l'état projeté fonctionne en régime continu à basse température de départ, là où son rendement saisonnier est le meilleur.

Deux points spécifiques méritent une vigilance particulière en maison. Le premier est la sortie du fioul : la dépose de la cuve, sa neutralisation et son évacuation constituent un poste à part entière, à faire figurer explicitement au devis. Le second est la ventilation : dans un pavillon des années 1960 ou 1970 dépourvu de VMC, le renouvellement d'air se faisait par les défauts d'étanchéité des menuiseries. Les supprimer sans installer de ventilation mécanique produit systématiquement de la condensation sur les points froids restants.

Typologie 2

Le cas de l'appartement en copropriété

Un copropriétaire peut engager seul une rénovation d'ampleur sur son lot privatif, à condition que le scénario atteigne le gain de classes exigé avec les seuls travaux qu'il a le droit de décider. Le périmètre privatif couvre en pratique l'isolation des murs donnant sur l'extérieur réalisée par l'intérieur, le remplacement des menuiseries lorsque le règlement de copropriété le permet dans le respect de l'aspect extérieur, la ventilation propre au logement, ainsi que le chauffage et la production d'eau chaude individuels.

La frontière est nette avec ce qui relève de la collectivité des copropriétaires. L'isolation des façades par l'extérieur, celle de la toiture-terrasse ou des planchers bas sur parties communes, le remplacement d'une chaufferie collective ou la réfection d'une colonne de ventilation supposent un vote en assemblée générale. Ces opérations ne sont pas exclues du dispositif public : elles relèvent simplement d'un autre régime, celui des aides à la copropriété, dont le porteur est le syndicat et non l'occupant.

Cette distinction a une conséquence pratique importante sur la faisabilité. Dans un appartement traversant de surface moyenne, avec deux façades exposées et des menuiseries d'origine, un scénario privatif atteint souvent deux sauts d'étiquette. Dans un appartement intermédiaire, entouré de logements chauffés sur trois côtés, la marge de progression du lot privatif seul est mécaniquement plus faible : c'est alors la rénovation de l'immeuble qui débloque le gain, et l'audit doit le dire franchement plutôt que de promettre un résultat que la géométrie du logement interdit.

Enfin, la chronologie compte. Lorsqu'un projet collectif est déjà à l'étude — ravalement avec isolation, remplacement de chaufferie — il est presque toujours préférable d'attendre la décision de l'assemblée générale avant d'engager les travaux privatifs, afin de ne pas payer deux fois le même gain et de ne pas rendre inutile une isolation intérieure que l'isolation extérieure rendrait redondante.

Barème 2026

Taux, plafonds et prise en charge de l'accompagnement

Taux MaPrimeRénov' Parcours accompagné et prise en charge de Mon Accompagnateur Rénov' par catégorie de revenus, barème 2026
Catégorie de revenusTaux sur l'assietteAide max. 2 classesAide max. ≥ 3 classesAccompagnement pris en charge
Bleu — très modeste80 %24 000 €32 000 €2 000 €
Jaune — modeste60 %18 000 €24 000 €1 200 €
Violet — intermédiaire45 %13 500 €18 000 €600 €
Rose — supérieur10 %3 000 €4 000 €300 €

Assiette de dépenses éligibles plafonnée à 30 000 € HT pour un gain de deux classes et à 40 000 € HT dès trois classes, y compris pour quatre ou cinq sauts. Les montants ci-dessus sont des maxima théoriques : ils sont écrêtés dès que le cumul des aides dépasse le plancher de reste à charge de la catégorie. Le bonus « sortie de passoire » est supprimé depuis le 30 septembre 2025.

Revenu fiscal de référence

Identifier sa catégorie de revenus

La catégorie est déterminée par le revenu fiscal de référence du foyer et le nombre de personnes qui le composent, avec une grille distincte en Île-de-France et hors Île-de-France. C'est l'avis d'imposition de l'année N-1 ou N-2, au plus favorable, qui est retenu lors de l'instruction du dossier.

Plafonds de revenus (RFR)

Barème en vigueur — Source : ANAH / France Rénov'. Le Revenu Fiscal de Référence figure sur votre avis d'imposition.

Île-de-France

1 personne

Très modestes24 031 €
Modestes29 253 €
Intermédiaires40 851 €
Supérieurs> 40 851 €

2 personnes

Très modestes35 270 €
Modestes42 933 €
Intermédiaires60 051 €
Supérieurs> 60 051 €

3 personnes

Très modestes42 357 €
Modestes51 564 €
Intermédiaires71 846 €
Supérieurs> 71 846 €

4 personnes

Très modestes49 455 €
Modestes60 208 €
Intermédiaires84 562 €
Supérieurs> 84 562 €

5 personnes

Très modestes56 580 €
Modestes68 877 €
Intermédiaires96 817 €
Supérieurs> 96 817 €
Nb personnesTrès modestesModestesIntermédiairesSupérieurs
124 031 €29 253 €40 851 €> 40 851 €
235 270 €42 933 €60 051 €> 60 051 €
342 357 €51 564 €71 846 €> 71 846 €
449 455 €60 208 €84 562 €> 84 562 €
556 580 €68 877 €96 817 €> 96 817 €

+7 116 € / +8 663 € / +12 257 € par personne supplémentaire

Hors Île-de-France

1 personne

Très modestes17 363 €
Modestes22 259 €
Intermédiaires31 185 €
Supérieurs> 31 185 €

2 personnes

Très modestes25 393 €
Modestes32 553 €
Intermédiaires45 842 €
Supérieurs> 45 842 €

3 personnes

Très modestes30 540 €
Modestes39 148 €
Intermédiaires55 196 €
Supérieurs> 55 196 €

4 personnes

Très modestes35 676 €
Modestes45 735 €
Intermédiaires64 550 €
Supérieurs> 64 550 €

5 personnes

Très modestes40 835 €
Modestes52 348 €
Intermédiaires73 907 €
Supérieurs> 73 907 €
Nb personnesTrès modestesModestesIntermédiairesSupérieurs
117 363 €22 259 €31 185 €> 31 185 €
225 393 €32 553 €45 842 €> 45 842 €
330 540 €39 148 €55 196 €> 55 196 €
435 676 €45 735 €64 550 €> 64 550 €
540 835 €52 348 €73 907 €> 73 907 €

+5 151 € / +6 598 € / +9 357 € par personne supplémentaire

Cas concrets

Quatre exemples chiffrés, aides et reste à charge détaillés

A1 — Maison 95 m², F → D, saut de 2 classes, pompe à chaleur air/eau

Maison de 95 m² construite en 1974 en zone pavillonnaire, chauffage gaz hors condensation, combles perdus non isolés, menuiseries simple vitrage, DPE classé F. L'audit retient un scénario à deux sauts d'étiquette sans toucher aux murs, la façade venant d'être ravalée.

Postes de travaux et montants HT
PosteQuantitéMontant HT
Pompe à chaleur air/eau AUX installée111 625 €
Isolation des combles perdus95 m²6 650 €
Remplacement des menuiseries extérieures7 fenêtres8 400 €
VMC simple flux hygroréglable12 000 €
Chauffe-eau thermodynamique 270 L13 875 €
Total travaux32 550 € HT · 34 340 € TTC

Assiette retenue : 30 000 € HT (plafond 30 000 € HT pour un gain de 2 classes). TVA à 5,5 % appliquée sur l'ensemble des lots.

Aide et reste à charge par catégorie de revenus
ProfilTauxAide verséeReste à charge
Bleu — très modeste80 %24 000 €10 340 €
Jaune — modeste60 %18 000 €16 340 €
Violet — intermédiaire45 %13 500 €20 840 €
Rose — supérieur10 %3 000 €31 340 €

* Montant écrêté par le plancher réglementaire de reste à charge. La prise en charge de Mon Accompagnateur Rénov' s'ajoute à l'aide indiquée : Bleu 2 000 €, Jaune 1 200 €, Violet 600 €, Rose 300 €.

Matériel AUX — garantie 10 ans sur le compresseur et les pièces (fiche technique AUX TITAN R290), pose par une entreprise RGE.

A2 — Même maison, variante climatisation réversible

Situation strictement identique à l'exemple A1, la pompe à chaleur air/eau étant remplacée par une climatisation réversible AUX de même montant, le logement étant chauffé par convecteurs électriques sans circuit d'eau existant.

Postes de travaux et montants HT
PosteQuantitéMontant HT
Climatisation réversible AUX installée (PAC air/air)111 625 €
Isolation des combles perdus95 m²6 650 €
Remplacement des menuiseries extérieures7 fenêtres8 400 €
VMC simple flux hygroréglable12 000 €
Chauffe-eau thermodynamique 270 L13 875 €
Total travaux32 550 € HT · 34 340 € TTC

Assiette retenue : 30 000 € HT (plafond 30 000 € HT pour un gain de 2 classes). TVA à 5,5 % appliquée sur l'ensemble des lots.

Aide et reste à charge par catégorie de revenus
ProfilTauxAide verséeReste à charge
Bleu — très modeste80 %24 000 €10 340 €
Jaune — modeste60 %18 000 €16 340 €
Violet — intermédiaire45 %13 500 €20 840 €
Rose — supérieur10 %3 000 €31 340 €

* Montant écrêté par le plancher réglementaire de reste à charge. La prise en charge de Mon Accompagnateur Rénov' s'ajoute à l'aide indiquée : Bleu 2 000 €, Jaune 1 200 €, Violet 600 €, Rose 300 €.

Matériel AUX — garantie 10 ans sur le compresseur et les pièces (fiche technique AUX LUCCIA R32), pose par une entreprise RGE.

B1 — Maison 110 m² au fioul, G → C, saut de 3 classes

Maison de 110 m² de 1962, chaudière fioul en fin de vie, murs pleins non isolés, plancher bas sur vide sanitaire, DPE classé G. Le remplacement de la chaudière fioul est ici obligatoire : le scénario d'audit vise trois sauts d'étiquette et le plafond de dépenses éligibles passe au niveau supérieur.

Postes de travaux et montants HT
PosteQuantitéMontant HT
Dépose de la cuve à fioul et pompe à chaleur air/eau AUX113 800 €
Isolation thermique par l'extérieur120 m²19 440 €
Isolation du plancher bas sur vide sanitaire110 m²5 500 €
VMC simple flux hygroréglable12 000 €
Chauffe-eau thermodynamique 270 L13 875 €
Total travaux44 615 € HT · 47 069 € TTC

Assiette retenue : 40 000 € HT (plafond 40 000 € HT pour un gain de 3 classes). TVA à 5,5 % appliquée sur l'ensemble des lots.

Aide et reste à charge par catégorie de revenus
ProfilTauxAide verséeReste à charge
Bleu — très modeste80 %32 000 €15 069 €
Jaune — modeste60 %24 000 €23 069 €
Violet — intermédiaire45 %18 000 €29 069 €
Rose — supérieur10 %4 000 €43 069 €

* Montant écrêté par le plancher réglementaire de reste à charge. La prise en charge de Mon Accompagnateur Rénov' s'ajoute à l'aide indiquée : Bleu 2 000 €, Jaune 1 200 €, Violet 600 €, Rose 300 €.

Matériel AUX — garantie 10 ans sur le compresseur et les pièces (fiche technique AUX TITAN R290), pose par une entreprise RGE.

C — Appartement 78 m² en copropriété, F → D, saut de 2 classes

Appartement de 78 m² dans un immeuble d'avant 1975, chauffage gaz individuel, DPE classé F. Le scénario ne porte que sur le lot privatif : isolation des murs donnant sur l'extérieur par l'intérieur, menuiseries, ventilation et production de chaleur.

Postes de travaux et montants HT
PosteQuantitéMontant HT
Pompe à chaleur air/eau AUX individuelle 6 kW110 800 €
Isolation des murs par l'intérieur70 m²6 300 €
Remplacement des menuiseries extérieures8 fenêtres9 600 €
VMC simple flux hygroréglable12 000 €
Chauffe-eau thermodynamique 200 L13 400 €
Total travaux32 100 € HT · 33 866 € TTC

Assiette retenue : 30 000 € HT (plafond 30 000 € HT pour un gain de 2 classes). TVA à 5,5 % appliquée sur l'ensemble des lots.

Aide et reste à charge par catégorie de revenus
ProfilTauxAide verséeReste à charge
Bleu — très modeste80 %24 000 €9 866 €
Jaune — modeste60 %18 000 €15 866 €
Violet — intermédiaire45 %13 500 €20 366 €
Rose — supérieur10 %3 000 €30 866 €

* Montant écrêté par le plancher réglementaire de reste à charge. La prise en charge de Mon Accompagnateur Rénov' s'ajoute à l'aide indiquée : Bleu 2 000 €, Jaune 1 200 €, Violet 600 €, Rose 300 €.

Matériel AUX — garantie 10 ans sur le compresseur et les pièces (fiche technique AUX TITAN R290), pose par une entreprise RGE.

Périmètre : dans un appartement, seuls les travaux réalisables sur le lot privatif figurent au devis. L'isolation de la toiture, celle des façades ou le remplacement d'une chaufferie collective relèvent des parties communes, donc d'un vote en assemblée générale et du dispositif copropriété traité sur la page dédiée aux immeubles d'habitation.

Ces exemples sont des simulations pédagogiques établies à partir des barèmes 2026 en vigueur à la date de mise à jour de la page. Ils ne constituent ni un devis, ni une promesse d'aide : seuls l'audit énergétique, la décision d'octroi de l'Anah et les devis d'entreprises RGE font foi. Les montants réels dépendent de l'état constaté du logement, du scénario retenu et de la composition du foyer.

Mécanisme

Pourquoi l'aide affichée n'est pas toujours l'aide versée

Le taux de MaPrimeRénov' Parcours accompagné n'est pas la dernière étape du calcul. Une fois l'aide brute obtenue en appliquant le taux à l'assiette plafonnée, l'Anah vérifie que le cumul de toutes les aides publiques ne dépasse pas un pourcentage maximal de la dépense TTC réellement engagée. Ce plafond de couverture est l'image inversée du plancher de reste à charge : il garantit qu'une part du chantier demeure financée par le ménage.

Concrètement, le calcul se fait en trois temps. On établit d'abord l'aide théorique, égale au taux de la catégorie multiplié par l'assiette éligible plafonnée. On calcule ensuite l'aide maximale admissible, égale à la dépense TTC multipliée par le taux de couverture autorisé pour la catégorie. On retient enfin le plus petit des deux montants. Lorsque le second est inférieur au premier, l'aide est dite écrêtée : c'est fréquent pour les ménages très modestes dont le taux est le plus élevé, et cela explique qu'un taux de 80 % ne se traduise pas mécaniquement par 80 % du devis financés.

Deux conséquences pratiques en découlent. La première est qu'il est inutile de gonfler artificiellement un devis pour capter davantage d'aide : au-delà du plafond d'assiette, l'euro supplémentaire est intégralement à la charge du ménage. La seconde est qu'un scénario visant trois sauts de classes plutôt que deux change le plafond d'assiette, donc le montant théorique : c'est l'arbitrage économique central de l'audit, et il doit être posé chiffres en main avant de signer quoi que ce soit.

Cumuls

Financer le reste à charge et l'avance de trésorerie

Éco-prêt à taux zéro

Mobilisable jusqu'à 50 000 € pour une rénovation globale, sans intérêts ni frais de dossier. Il se cumule avec MaPrimeRénov' et sert le plus souvent à financer l'écart entre les acomptes d'entreprise et le versement du solde de la prime. Source officielle : service-public.gouv.fr — éco-prêt à taux zéro (F19905) (consulté le 29/07/2026) →

TVA à 5,5 %

Appliquée directement par l'entreprise sur la facture des travaux d'amélioration de la performance énergétique et des travaux induits, sans démarche du ménage. Elle porte sur la main-d'œuvre comme sur le matériel fourni et posé.

Certificats d'économies d'énergie

En Parcours accompagné, l'Anah détient le droit d'exclusivité sur les CEE du scénario : ils sont valorisés par l'agence et déjà intégrés au calcul de la prime. Ils ne sont donc jamais versés en plus au ménage, contrairement au parcours par geste. Source officielle : service-public.gouv.fr — certificats d'économies d'énergie (F35584) →

Exonération de taxe foncière

Certaines communes et intercommunalités votent une exonération temporaire, totale ou partielle, de taxe foncière après des travaux d'économie d'énergie. Elle dépend d'une délibération locale, à vérifier avant de l'intégrer au plan de financement. Source officielle : impots.gouv.fr — exonération de taxe foncière →

Aides des collectivités

Régions, départements, intercommunalités et communes complètent parfois le dispositif national. Leur recensement officiel est tenu par l'ANIL : c'est la seule base à jour, les catalogues commerciaux étant fréquemment obsolètes. Source officielle : anil.org — recensement officiel des aides locales →

Avance de frais

Les ménages aux revenus modestes et très modestes peuvent demander une avance sur la prime, versée avant le démarrage du chantier. Elle réduit l'effort de trésorerie mais ne modifie pas le montant final de l'aide. Source officielle : economie.gouv.fr — panorama des aides à la rénovation →
Déroulé

Le parcours en sept étapes, du rendez-vous au solde

Rendez-vous France Rénov'

Entretien préalable avec un conseiller du service public : il vérifie l'étiquette, l'ancienneté et le profil de revenus, puis oriente vers un accompagnateur agréé.

Désignation de Mon Accompagnateur Rénov'

L'accompagnateur est obligatoire. Il est indépendant des entreprises de travaux et sa mission couvre l'audit, le scénario, le montage administratif et le suivi de chantier.

Audit énergétique

Relevé complet de l'enveloppe et des systèmes, calcul de l'étiquette de départ, puis présentation d'au moins deux scénarios de travaux avec le gain de classes associé.

Choix du scénario et devis RGE

Le scénario retenu est décomposé en lots. Chaque lot fait l'objet d'un devis d'entreprise RGE, condition de subvention. Les devis ne doivent pas être signés avant le dépôt.

Dépôt du dossier ANAH

Dossier déposé en ligne avec l'audit, les devis, l'avis d'imposition et les engagements d'occupation ou de location. La décision d'octroi fixe le montant maximal de la prime.

Travaux

Le chantier démarre après la décision d'octroi. L'accompagnateur contrôle la conformité des travaux au scénario : toute modification doit être signalée avant exécution.

Solde et contrôle

Envoi des factures, second audit ou attestation de fin de travaux prouvant le gain de classes réel, puis versement du solde. Un contrôle sur place peut être diligenté.

Vigilance

Six erreurs qui coûtent cher

  • Signer les devis avant le dépôt du dossier : la dépense devient inéligible, sans rattrapage possible.
  • Raisonner en gestes séparés puis espérer les requalifier en rénovation d'ampleur : le Parcours accompagné suppose un scénario global validé en amont par l'audit.
  • Oublier la ventilation : une enveloppe rendue étanche sans renouvellement d'air organisé produit de la condensation et des moisissures en une seule saison de chauffe.
  • Sous-estimer la trésorerie : la prime est versée au solde. Entre les acomptes d'entreprise et le versement, une avance de trésorerie ou un éco-prêt est presque toujours nécessaire.
  • Croire au reste à charge nul : un plancher réglementaire de reste à charge s'applique à chaque profil de revenus, et il est calculé sur la dépense TTC réelle.
  • Cumuler des interlocuteurs : accompagnateur, maître d'œuvre et entreprises doivent être coordonnés, sous peine d'un scénario dont personne ne garantit le gain de classes final.
Territoires

La rénovation d'ampleur région par région

Le barème national est identique partout, mais deux paramètres varient géographiquement : la grille de revenu fiscal de référence, distincte en Île-de-France et hors Île-de-France, et les aides locales votées par les collectivités. Le climat, lui, n'influe pas sur le taux de MaPrimeRénov' mais sur le gain énergétique réellement obtenu par le scénario.

Vos questions

Questions fréquentes sur la rénovation d'ampleur

Une rénovation d'ampleur est un projet global qui traite simultanément l'enveloppe du logement, le système de chauffage, l'eau chaude sanitaire et la ventilation, avec un objectif de performance mesuré : un gain d'au moins 2 classes au DPE entre l'état initial et l'état projeté. Elle s'oppose au parcours par geste, qui subventionne un équipement isolé. Le dispositif public correspondant s'appelle MaPrimeRénov' Parcours accompagné : il impose un audit énergétique préalable, un accompagnateur agréé, au moins deux gestes d'isolation et le renoncement à tout chauffage majoritairement fossile.

L'assiette de dépenses éligibles retenue par KWANTHIC est de 30 000 € HT pour un gain de deux classes et de 40 000 € HT dès trois classes, y compris pour quatre ou cinq sauts. Cette politique interne est plus stricte que les plafonds officiels : elle évite d'afficher des montants d'aide qu'un dossier réel n'atteint quasiment jamais. Au-delà de ce plafond, les dépenses restent à la charge du ménage, même si elles font partie du scénario d'audit.

Non, pas sous forme d'un versement supplémentaire. En Parcours accompagné, l'Anah dispose d'un droit d'exclusivité sur les certificats d'économies d'énergie générés par le scénario : ils sont valorisés par l'agence et déjà intégrés au calcul de la prime. Une offre qui promet une prime CEE en plus de MaPrimeRénov' Parcours accompagné confond les deux parcours. Le cumul CEE reste en revanche la règle dans le parcours par geste.

L'accompagnement est obligatoire et sa prestation est facturée, mais elle est prise en charge par l'État à hauteur de 2 000 € pour un ménage Bleu, 1 200 € en Jaune, 600 € en Violet et 300 € en Rose. Pour les ménages très modestes, la prise en charge couvre en pratique la totalité du coût. L'accompagnateur est indépendant des entreprises de travaux : il ne peut pas vous vendre le chantier qu'il préconise.

Oui, avec des engagements spécifiques. Le bailleur s'engage à louer le logement en résidence principale pendant au moins six ans, dans l'année qui suit le paiement du solde, et le nombre de logements loués aidés est limité à trois. En cas de rupture de cet engagement, l'aide est remboursée à hauteur d'un sixième par année de location manquante. Ces conditions s'ajoutent aux critères communs d'étiquette, d'ancienneté et de gain de classes.

La prime étant versée au solde, l'écart de trésorerie se finance principalement par l'éco-prêt à taux zéro, mobilisable jusqu'à 50 000 € pour une rénovation globale et remboursable sans intérêts. S'y ajoutent la TVA à 5,5 % appliquée directement par l'entreprise sur la facture, une avance de frais possible pour les ménages modestes, et selon les territoires des primes de collectivités recensées par l'ANIL. Certaines communes accordent en outre une exonération temporaire de taxe foncière après travaux.

Le dossier repose sur cinq pièces : l'audit énergétique réglementaire réalisé avant tout engagement de travaux, les devis détaillés d'entreprises titulaires d'une qualification RGE correspondant à chaque geste, l'avis d'imposition du foyer servant au classement de revenus, un justificatif d'occupation ou de location du logement, et le contrat signé avec Mon Accompagnateur Rénov'. Toutes les pièces doivent être déposées avant la signature des devis : un chantier démarré avant la notification d'octroi rend le dossier irrecevable.

Non. Depuis 2026, le Parcours accompagné est réservé aux logements classés E, F ou G au DPE. Un logement classé A à D peut en revanche mobiliser le parcours par geste pour un équipement précis — pompe à chaleur, chauffe-eau thermodynamique, isolation de combles — ainsi que les certificats d'économies d'énergie et la TVA à taux réduit. La bascule d'un parcours à l'autre se décide sur la base de l'étiquette figurant sur le DPE en cours de validité.

Le taux s'applique à l'assiette plafonnée et dépend de la catégorie de revenus : 80 % en Bleu (très modestes), 60 % en Jaune (modestes), 45 % en Violet (intermédiaires) et 10 % en Rose (supérieurs). La catégorie est déterminée par le revenu fiscal de référence du foyer et le nombre de personnes qui le composent, avec une grille distincte en Île-de-France et hors Île-de-France. Le bonus « sortie de passoire » est supprimé depuis le 30 septembre 2025.

Non. Un plancher réglementaire de reste à charge est calculé sur la dépense TTC réelle et s'applique à chaque catégorie : le cumul des aides publiques est plafonné à 100 % de la dépense en Bleu, 90 % en Jaune, 80 % en Violet et 50 % en Rose. Lorsque le calcul du taux dépasse ce maximum, l'aide est écrêtée. C'est ce mécanisme qui explique qu'un ménage très modeste ne voie pas toujours l'intégralité du taux affiché appliqué à son dossier.

Oui, sur le lot privatif. Un copropriétaire peut mobiliser le Parcours accompagné pour son seul appartement dès lors que le scénario atteint le gain de classes exigé avec des travaux qu'il a le droit d'engager seul : isolation par l'intérieur des murs donnant sur l'extérieur, menuiseries privatives, ventilation, chauffage et eau chaude individuels. Tout ce qui touche aux façades, à la toiture ou à une chaufferie collective relève des parties communes et donc d'une décision d'assemblée générale, traitée par le dispositif copropriété.

Oui, dans une limite précise : le scénario peut être réalisé en deux étapes sur une période maximale de cinq ans. Cette souplesse permet d'engager d'abord l'enveloppe, puis le remplacement du système de chauffage, ou l'inverse lorsque la chaudière est en fin de vie. Le gain de classes est apprécié à l'arrivée : c'est l'état final, prouvé par un audit ou un DPE de sortie, qui déclenche le versement du solde correspondant.

Il dépend du point de départ, du scénario et des usages, mais l'ordre de grandeur constaté sur un passage de F à C combinant enveloppe, ventilation et pompe à chaleur se situe entre la moitié et les deux tiers de la facture de chauffage. Trois facteurs expliquent l'essentiel de l'écart entre projection et réalité : la température de départ d'eau effectivement réglée à la mise en service, l'étanchéité réelle obtenue après travaux et le comportement d'occupation. C'est précisément ce que le suivi de l'accompagnateur cherche à sécuriser.

Comptez généralement de deux à quatre mois pour l'instruction et la notification d'octroi, puis la durée du chantier, et enfin de un à trois mois entre le dépôt de la demande de solde et le virement effectif. L'ensemble du parcours s'étale donc le plus souvent sur huit à quinze mois. Deux leviers réduisent ces délais : un dossier complet dès le premier dépôt et une demande de solde transmise avec les factures acquittées et le rapport de fin de travaux de l'accompagnateur.

Transparence

Sources officielles et date de vérification