La ventilation mécanique répartie part d'un renversement de logique par rapport à la ventilation centralisée. Plutôt que de rassembler l'extraction dans un caisson unique caché en combles et de conduire l'air vicié jusqu'à lui par un réseau de gaines, elle place un petit ventilateur autonome dans chaque pièce qui produit de l'humidité. Chaque appareil aspire l'air de sa pièce et le rejette directement à l'extérieur, à travers le mur de façade ou par un conduit individuel très court. Il n'y a plus de caisson, plus de piquages, plus de cheminement à négocier au-dessus des plafonds : la fonction d'extraction est répartie, appareil par appareil, exactement là où le besoin naît.
Ce que la ventilation répartie ne supprime pas, en revanche, c'est le principe du balayage. L'air neuf continue d'entrer par des entrées d'air installées en pièces sèches — séjour, chambres, bureau — traverse le logement en passant sous les portes intérieures détalonnées, puis ressort par les pièces de service où sont implantés les aérateurs. La trajectoire de l'air reste la même que sur une installation centralisée ; seul le moteur a changé de place. C'est un point que beaucoup d'installations improvisées ignorent : poser des aérateurs sans traiter les entrées d'air revient à demander à des ventilateurs d'aspirer dans une boîte fermée.
Un fonctionnement permanent, modulé par l'humidité
Un aérateur de ventilation répartie n'est pas un extracteur d'appoint que l'on met en route après la douche. Il fonctionne en continu, à petit débit, et passe en grand débit lorsque son capteur détecte une montée de l'humidité relative ou, dans les WC, lorsque l'éclairage signale une occupation. Ce régime permanent est la condition d'une évacuation continue de la vapeur d'eau produite par un foyer : respiration, douches, cuisson, lave-linge, séchage du linge et plantes d'intérieur en libèrent chaque jour plusieurs litres, que rien d'autre n'évacue en hiver, fenêtres fermées.
Une architecture sans point de défaillance unique
L'indépendance des appareils est une propriété structurelle de la ventilation répartie. Sur une installation centralisée, la panne du moteur prive instantanément l'ensemble du logement de ventilation, souvent sans que personne ne s'en aperçoive avant l'apparition de condensation. Ici, une panne n'affecte qu'une pièce, et son remplacement se fait en quelques dizaines de minutes, sans toucher au reste de l'installation. Cette robustesse a une contrepartie honnête : il y a plus d'appareils à entretenir, donc plus de points de maintenance dans la durée.