Le diagnostic se fait toujours en deux temps. Par le dessus, on contrôle l'état des éléments de couverture — tuiles gélives, ardoises fendues, crochets rompus, faîtage descellé —, la planéité des versants qui trahit une charpente fatiguée, l'état des solins, des noues et des rives, et la tenue des accessoires : châssis de toit, sorties de ventilation, souches de cheminée. Par le dessous, depuis les combles, on lit la même toiture autrement : traces d'humidité sur les entraits, taches sur l'isolant, jour visible entre les éléments, écran de sous-toiture absent ou déchiré, insectes xylophages, bois altéré aux appuis.
Ces deux lectures se recoupent. Une tache d'humidité au droit d'un chevron ne signifie pas toujours une tuile cassée : elle peut venir d'un solin de cheminée, d'un point de condensation dû à une ventilation bouchée, ou d'un écran de sous-toiture posé sans recouvrement. Traiter la conséquence sans identifier l'entrée d'eau, c'est refaire le même chantier deux ans plus tard.
Distinguer l'usure, l'accident et le défaut de conception
L'usure est régulière et généralisée : une couverture en fin de vie présente des désordres répartis sur l'ensemble des versants. L'accident est localisé : impact, tempête, branche, intervention antérieure mal réalisée. Le défaut de conception, lui, se répète toujours au même endroit — une noue sous-dimensionnée, un raccord de toiture sans bavette, une pente insuffisante pour le matériau posé. C'est le seul des trois cas où reposer à l'identique garantit le retour du désordre.