La première opération n'est ni le choix de la chaudière ni celui des émetteurs : c'est le calcul des déperditions, pièce par pièce, à partir des surfaces de parois, de leurs compositions réelles, des ponts thermiques et du renouvellement d'air. Ce calcul donne une puissance en watts pour chaque local, à une température extérieure de base propre au département et à l'altitude du site. Sans lui, tout dimensionnement de réseau est une supposition.
En rénovation, ce calcul doit intégrer les travaux d'isolation déjà réalisés ou programmés. Créer un réseau sur les déperditions du bâtiment avant isolation conduit systématiquement au surdimensionnement : les émetteurs seront trop grands, les débits trop faibles, et les organes de réglage travailleront en butée. La règle KWANTHIC est de calculer sur l'état final du bâtiment, isolation comprise.
Du besoin de puissance au régime d'eau
La puissance de chaque local détermine ensuite le couple surface d'émetteur / température d'eau. Un même besoin peut être couvert par un petit émetteur à 65 °C ou par un émetteur plus développé à 40 °C. Ce choix n'est pas neutre : il fixe le rendement de la génération. Une pompe à chaleur voit son coefficient de performance chuter fortement à mesure que la température de départ monte ; abaisser le régime d'eau est donc l'action la plus rentable du projet.
Le régime retenu est inscrit noir sur blanc dans le dossier technique : température de départ à la température extérieure de base, écart entre départ et retour, débit nominal par circuit. Ces trois valeurs constituent le contrat hydraulique du réseau, et servent de référence à la réception.