La première erreur, en copropriété, consiste à dimensionner une installation solaire sur la surface de toiture disponible. Le bon point de départ est l'inverse : la courbe de charge. Un immeuble consomme en permanence, jour et nuit, pour ses services généraux — ascenseur, éclairage des circulations, ventilation mécanique, pompes de bouclage d'eau chaude, portail, local vélo. Cette consommation est régulière, diurne pour une large part, et parfaitement compatible avec une production photovoltaïque.
L'analyse porte sur douze mois de relevés du ou des compteurs des services généraux, complétés par un relevé de la puissance souscrite et des dépassements éventuels. On obtient une puissance de base, une puissance de pointe et un profil horaire. C'est ce profil, et lui seul, qui détermine la puissance à installer : au-delà, chaque kilowatt-crête supplémentaire ne sert plus les communs et doit trouver un autre débouché.
Ce que la toiture peut réellement porter
Vient ensuite l'examen du support. Une toiture-terrasse d'immeuble supporte rarement sans étude une charge permanente supplémentaire : la solution retenue — lestage, fixation traversante avec reprise d'étanchéité, ou structure autoportée — dépend de la composition du complexe d'étanchéité, de son âge et des descentes de charges. Le diagnostic vérifie l'état de l'étanchéité, sa garantie résiduelle, les émergences, les zones d'ombre portée par les édicules et les bâtiments voisins.
La règle KWANTHIC est explicite : on ne pose pas de production sur une étanchéité en fin de vie. Si la toiture doit être reprise dans les cinq ans, la reprise se fait d'abord ; le solaire s'installe ensuite, dans la même opération, ce qui divise le coût d'accès à la toiture.