Sur ce territoire, l'ancienneté du parc conditionne la part de logements relevant de ces précautions constructives. On relève 60 diagnostics publiés par l'ADEME, 61 % de propriétaires occupants, un rattachement intercommunal à CA de la Riviera Française, en zone climatique H3. Ces valeurs ne décident d'aucun projet à elles seules, mais elles fixent l'ordre de grandeur dans lequel un chiffrage à Saorge est crédible.
L'arbitrage financier se joue ensuite sur le barème : pour « rénover une maison ancienne à Saorge », un ménage très modeste mobilise jusqu'à 32 000 €, un ménage modeste 24 000 €, un ménage intermédiaire 18 000 € et un ménage aux revenus supérieurs 4 000 € sur l'assiette de 40 000 € HT. À deux classes gagnées, l'assiette redescend à 30 000 € HT et les montants suivent dans la même proportion.
Le solde se finance : à Saorge, le reste à charge du cas type le plus aidé s'établit à 6 000 € après aide ANAH et prise en charge de l'accompagnement jusqu'à 2 000 €. Étalé en éco-prêt sur quinze ans, cela représente environ 35 € par mois, quand le bâti ancien contribue déjà à 1 150 € d'économie annuelle attendue.
La densité de diagnostics renseigne sur la maturité du marché : 60 DPE publiés par l'ADEME à Saorge, soit 258 pour 1 000 résidences principales. Un tel volume conditionne les délais de un artisan formé aux enduits chaux-chanvre, dont l'intervention sur la rénovation d'un bâti antérieur à 1948 dure dix à seize semaines.
Qui décide, et donc qui finance : 61 % de propriétaires occupants à Saorge, soit environ 142 logements. Pour la rénovation d'un bâti antérieur à 1948, cela signifie autant de dossiers décidables sans mandat de gestion, le solde relevant du parc locatif et donc d'un montage bailleur distinct.
Calendrier administratif à Saorge : dépôt du dossier, accord préalable, puis travaux — jamais l'inverse. Engager la rénovation d'un bâti antérieur à 1948 avant l'accord fait perdre l'intégralité de l'aide, soit jusqu'à 32 000 €, sans recours possible.
Amortissement à Saorge : le poste de 21 450 € s'étale sur une vingtaine d'années d'usage, soit 1 073 € par an. Encore faut-il que une perméance compatible avec un mur capillaire (µ faible) reste vérifié après travaux, faute de quoi la performance se dégrade avant la fin de l'amortissement.
Pourquoi la même solution ne se classe pas au même rang partout : à Saorge relève de la zone H3, dont la base conventionnelle atteint 195 kWh/m²/an. Le temps de retour de la rénovation d'un bâti antérieur à 1948 s'en trouve mécaniquement raccourci par rapport aux zones plus douces.
Le choix du scénario change l'assiette : à Saorge, elle passe de 30 000 € HT à deux classes à 40 000 € HT dès trois classes. Avec le bâti ancien chiffré autour de 21 450 €, l'arbitrage consiste à vérifier si le poste complémentaire nécessaire pour franchir la troisième classe coûte moins que le supplément d'aide qu'il déclenche.