L'arbitrage financier se joue ensuite sur le barème : pour « sortie passoire thermique à La Grand-Combe », un ménage très modeste mobilise jusqu'à 32 000 €, un ménage modeste 24 000 €, un ménage intermédiaire 18 000 € et un ménage aux revenus supérieurs 4 000 € sur l'assiette de 40 000 € HT. À deux classes gagnées, l'assiette redescend à 30 000 € HT et les montants suivent dans la même proportion.
Une fois les aides déduites, la question devient celle du solde : sur le cas type à La Grand-Combe, le reste à charge d'un ménage très modeste ressort à 6 000 € après aide ANAH et prise en charge de l'accompagnement. Étalé sur quinze ans en éco-prêt à taux zéro, cela représente de l'ordre de 35 € par mois, à comparer aux 1 400 € d'économie annuelle attendue sur la facture d'énergie.
Le parc local commande la faisabilité : sur 2 280 résidences principales, on estime 839 maisons individuelles (37 %) à La Grand-Combe. Le calendrier locatif et la date d'effet du bail y devient l'arbitrage dominant, bien avant le choix de matériau, pour la sortie d'une étiquette F ou G.
Le choix du scénario change l'assiette : à La Grand-Combe, elle passe de 30 000 € HT à deux classes à 40 000 € HT dès trois classes. Avec la sortie de passoire chiffré autour de 5 270 500 €, l'arbitrage consiste à vérifier si le poste complémentaire nécessaire pour franchir la troisième classe coûte moins que le supplément d'aide qu'il déclenche.
Coût complet plutôt que prix d'achat : 5 270 500 € pour la sortie d'une étiquette F ou G à La Grand-Combe, soit 263 525 € par an sur une durée d'usage de vingt ans, sous réserve que l'atteinte d'une étiquette D au minimum soit tenu dans la durée. C'est cette valeur annualisée qui se compare à l'économie d'énergie.
La part de propriétaires occupants — 37 % à La Grand-Combe — dessine le volume de projets réellement engageables à court terme sur la sortie d'une étiquette F ou G, soit environ 844 logements. Le reste du parc suppose un montage locatif, avec ses propres conditions d'éligibilité.
Énergie de chauffage en place : 36 % du parc reste au gaz ou au fioul à La Grand-Combe, soit près de 809 logements. Ce point de départ conditionne l'ampleur du gain obtenu par la sortie d'une étiquette F ou G, un logement déjà chauffé à l'électricité renouvelable ne dégageant pas la même marge de progression.
Sur le cas type retenu à La Grand-Combe — 105 m² en zone H2c — la sortie d'une étiquette F ou G porte sur environ 127 logement classé F ou G. Au prix de marché observé, 28 000 à 55 000 € par logement classé F ou G, le poste ressort entre 3 556 000 € et 6 985 000 € TTC, à comparer à l'assiette plafonnée de 40 000 € HT mobilisable dès trois classes gagnées.
Pourquoi la même solution ne se classe pas au même rang partout : à La Grand-Combe relève de la zone H2c, dont la base conventionnelle atteint 225 kWh/m²/an. Le temps de retour de la sortie d'une étiquette F ou G s'en trouve mécaniquement raccourci par rapport aux zones plus douces.