Dernier paramètre, le financement du reliquat : sur le cas type à Moutrot, le reste à charge d'un ménage très modeste ressort à 6 000 € après aide ANAH et prise en charge de l'accompagnement. Étalé sur quinze ans en éco-prêt à taux zéro, cela représente de l'ordre de 35 € par mois, à comparer aux 1 700 € d'économie annuelle attendue sur la facture d'énergie.
Sur le volet ressources : pour « isolation par l'extérieur à Moutrot », un ménage très modeste mobilise jusqu'à 32 000 €, un ménage modeste 24 000 €, un ménage intermédiaire 18 000 € et un ménage aux revenus supérieurs 4 000 € sur l'assiette de 40 000 € HT. À deux classes gagnées, l'assiette redescend à 30 000 € HT et les montants suivent dans la même proportion.
L'arbitrage se fait en part d'assiette : à Moutrot, l'ITE en absorbe environ 63 %. Il reste donc de la marge pour les autres lots du bouquet, sachant que l'aide portée par ce seul poste va de 11 286 € à 20 064 € selon la catégorie de ressources.
Une moyenne de 2.52 personne(s) par logement à Moutrot : ce chiffre paraît anodin, il commande pourtant le débit de ventilation, le volume d'eau chaude et donc la cohérence de l'isolation thermique par l'extérieur avec le reste du bouquet.
Qui décide, et donc qui finance : 78 % de propriétaires occupants à Moutrot, soit environ 101 logements. Pour l'isolation thermique par l'extérieur, cela signifie autant de dossiers décidables sans mandat de gestion, le solde relevant du parc locatif et donc d'un montage bailleur distinct.
En cas de contrôle sur site à Moutrot : la mention de R ≥ 3,7 m².K/W sur mur sur le devis, la qualification RGE de un façadier RGE, et le relevé photographique des points singuliers avant enduit. Un dossier complet sécurise jusqu'à 32 000 € d'aide ; un dossier incomplet suspend le versement jusqu'à régularisation.
L'ordre des étapes conditionne le droit à l'aide : audit, désignation de l'accompagnateur, dépôt, accord, puis démarrage de l'isolation thermique par l'extérieur. À Moutrot, un devis signé trop tôt suffit à faire tomber une aide de 32 000 €.
L'écueil le plus coûteux reste l'arrêt d'isolant en pied de façade, qui recrée un pont thermique linéique. Sa reprise après coup coûte couramment 10 à 20 % du poste, soit 2 508 € à 5 016 € sur le chiffrage retenu à Moutrot — un montant qui n'est jamais couvert une seconde fois par l'aide, déjà consommée.
La séquence prime sur la vitesse : l'isolation thermique par l'extérieur occupe un façadier RGE durant quatre à sept semaines à Moutrot. Son positionnement dans le calendrier — après l'audit, avant la mise en service — conditionne la qualité des interfaces entre lots bien plus que le choix de l'entreprise.